C'est pourquoi Nicolas Sarkozy assure désormais qu'il veut aller chercher les points de croissance manquants « avec les dents ». « Je veux 3 % de croissance », a-t-il renchéri - Le Figaro Septembre 2007
"Il y a maintenant un consensus de plus en plus net sur le fait qu'il faut en faire plus pour créer de la croissance et des emplois dans le contexte des réformes budgétaires et structurelles" engagées en Europe, a estimé le président américain. Source AFP du 20 mai 2012
la France et l'Allemagne n'ont pas de divergence, sinon nous n'aurions pas pu nous mettre d'accord sur le communiqué", Angela Merkel Reuters du 20 mai 20012
"J'avais au nom de la France l'objectif de mettre la croissance au coeur des débats et de faire que cette dimension de croissance,..." François Hollande du 20 mai 2012
Le Monde publie une tribune d’économistes qui soutiennent N. Sarkozy. Rien d’extraordinaire. Il est même assez normal que des économistes soutiennent le président de la République.
Ce qui est remarquable c’est le titre « Économistes sans parti pris idéologique, nous soutenons Nicolas Sarkozy ». Une citation de l’article mise en titre sans autre forme que les guillemets. À la fin de l’article la liste d’économistes signataires.
Ce « Sans parti pris idéologique », laisse entendre que c’est le bon sens scientifique qui guide le choix pour un candidat. À trois jours d’un scrutin décisif, la science économique rend son verdict. Froid, sans émotion.
Il s’agit de l’article le plus lu de la journée sur le site « du journal de référence ».
Compliqué de faire des listes. C’est même détestable. Alors, nous n’en ferons pas. Nous mettrons à l’encan les éléments factuels qui permettent de mieux cerner ce « sans parti pris idéologique » vaillamment déclamé.
Parmi les signataires, on trouve :
Un conseiller « université » du Président de la République
Un représentant de V. Pecresse, le père d’une ministre du gouvernement Fillon
Un économiste fervent zélateur du "Contrat Nouvelle Embauche" de Dominique de Villepin et plus récemment du RSA
Un consultant de la Banque Mondiale, et membre du Conseil d'analyse économique auprès du Premier ministre en 2006
Un chef économiste de Morgan Stanley, un théoricien des ajustements structurels chers aux néo-libéraux…
Il est alors bien évident que ceci n’a de près ou de loin aucun rapport avec le parti pris, même idéologique...
Le 6 décembre, il est environ 19h30 lorsque plus de sept cars de CRS arrivent place Jacques Bonsergent à Paris, dans le 10ème arrondissement. On leur demande pourquoi ils sont la. "On ne sait pas, on nous a dit de venir ici, alors on vient." Ils ne savent pas, nous non plus. Ils sont plus de 50, on se dit qu'ils ont débusqué un gang de stupéfiant ou les correspondants de Ben Laden. On compte plus de CRS que de passant sur la place... c'est assez effrayant.
On commence à comprendre, grâce aux badauds qui commencent à s’agglutiner, pour regarder "le spectacle". Un immeuble de la place est squatté, les CRS sont venus en force pour les expulser. Trafic de drogues ? Non. Just une expulsion. Certains disent que l'immeuble a été vendu, qu'il va devenir une "farfouille" ou autre magasin de bibelots. C'est vrai que les besoins d'appartements à Paris sont limités...
Les squatteurs hurlent à la fenêtre leur droit à un logement, dénoncent le marché de l'immobilier parisien. La foule amassée sur la place, encadrée par les CRS, scande son soutien.
Les forces de l'ordre agitent ce quartier d'ordinaire plutôt calme. Ils commencent à enfoncer le rideau de fer qui bloque l'accès à l'immeuble. Les habitants des alentours se mettent sur le balcon, certains diffusent l'international depuis leur appartement, d'autres ferment les volets.
Il y a une femme et son enfant dans l'immeuble, au deuxième étage. Elle est révoltée, nous dit ne plus avoir de notion du temps lorsqu'on tente de savoir depuis combien de temps elle occupe l'appartement. Ils ne sont pas plus de 10. Ils ne font aucune menace, ne sont pas violents, ils regardent les policiers et la resistance du rideau de fer. Ils ne peuvent rien faire, invite les passants à filmer, à être solidaires. En bas, il y a de plus en plus de CRS, autant de forces qui ne sont pas dans les quartiers difficiles. En désespoir de cause, constatant l'entrée des CRS, trois adultes et un enfant se réfugient sur les petits balcons qui entourent les fenêtres, l'un d'entre eux choisit de se coller au mur, face au vide. La scène est poignante.
Témoins impuissants, nous prenons des photos, certains occupants sont evacués dans un bus, les balcons sont toujours occupés par une femme et son enfant et un homme. Le vide tent toujours les bras à l'un d'eux. Les pompiers arrivent.
Il est minuit, il n'en reste plus qu'un, sur le rebord d'un balcon.
Les forces de l'ordre font leur travail, mais surtout dans les quartiers riches et favorisés, montrent leurs muscles là ou il n'y que peu de délinquance. Fort à parier que cet immeuble dans le fin fond de la cité de la Courneuve, même vendu, n'aurait pas déplacé autant de CRS.
Une fois de plus, ils soignent les effets sans s'attacher à la cause. "Nous avons tous droit à un toit, et leur déplaise : à Paris aussi".
Le dernier résistant est descendu. Je viens de voir un élu saluer la police.. mais franchement, pourquoi mener ce genre d'opération à 19h !! Forcement les occupants résistent et ne sont pas surpris comme ils auraient pu l'être au petit matin.. , les passants regardent.. ça sent 2012..
Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.
Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis à présent depuis une bonne trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – va être rien moins qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exceptions profitera…
Disons le net : nous sommes sceptiques.
Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :
Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?
Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits de ces fameux « marchés » que vous défendez pourtant mordicus en dépit du bon sens.
Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.
Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général vis-à-vis duquel vos idées sont objectivement nuisibles, il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?
Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées.
"Trois films récemment vus ou revus, politiquement incorrects mais si bons." Au sens de la blogosphère de gauche. Bien entendu.
Por schématiser, ne collant pas avec le profil de l'utopiste partageux, la figure du blogueur de gauche.... Voyons...
Sans hésiter, et en premier, "Tree of Life" de Terrence Malick. Film indescriptible emprunt de mysticisme. De religiosité sans conteste.
Ensuite. "127 Hours" de Danny Boyle. Style survival, l'homme face à la nature, avec une scène d'automutilation d'anthologie. Un trip Darwinien. Et aussi une histoire vraie.
Enfin, la serie TV (oui ce n'est pas un film...) "Mad Men" de Matthew Weiner, narrant les tribulations de publicitaires dans les années 60. Cynisme, addiction et cupidité à tous les étages ou presque.